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La reproduction chez les équidés n’est pas chose facile.
Un minimum de connaissances, beaucoup de surveillance, de soins peuvent limiter les risques.
Les ânes sont adultes vers 4 à 5 ans, mais ils peuvent se reproduire plus tôt.
Les ânesses ont leurs premières chaleurs vers l’âge de un an ; cependant, il vaut mieux attendre la troisième année pour la faire saillir et éviter ainsi les risques d’avortement, d’abandon du bébé, les problèmes de lactation, et des troubles possibles de la croissance.
Par ailleurs, une saillie faite vers les mois d’Avril Mai (durée de gestation entre 11 mois ½ et 13 mois) va permettre à l’ânon de profiter d’un lait de bonne qualité.
Les ânes sont très actifs sexuellement.
Un mâle entier a besoin de plusieurs ânesses (3 ou 4) afin d’éviter qu’ils ne les épuisent.
La maturité sexuelle du mâle se situe vers 2 ou 3 ans. Il peut arriver que dès l’âge de 6 mois un baudet arrive à saillir. Il se retrouve dans tous ses états en raison des odeurs dégagées par l’ânesse quand elle « pisse » (signe de chaleur chez l’ânesse : écoulement laiteux à la vulve qui se dilate et s’ouvre spasmodiquement, on dit alors que l’ânesse est « pisseuse »), mais également par son comportement.
Lors des chaleurs des femelles, ils vont braire plus qu’à la normale , et multiplier les marquages de territoire en urinant et déféquant.
Cela va durer encore quelques jours après les chaleurs. Les amours des ânes sont violentes, mais n’entraînent pas de graves blessures.
Les signes de chaleurs chez l’ânesse sont reconnaissables : elle ouvre la bouche (mâche du chewing-gum !), urine peu mais souvent et braie d’une façon plus importante. Quand le mâle approche, elle baisse l’encolure, étend la tête, met la queue sur le côté tout en écartant légèrement les cuisses. Après la saillie, si l’ânesse a été fécondée, les chaleurs cessent aussitôt.
Éviter, si possible, de laisser re-saillir une ânesse qui vient de mettre bas. Attendre le printemps d’après.
Pendant la gestation, une ânesse peut travailler, mais évitons-lui les efforts violents, et surtout une suralimentation qui par excès de graisse peut mettre la vie de la mère et du futur ânon en danger.
Il est bon de prévoir un arrêt d’activité un mois avant la mise bas, et trois mois après pour permettre à l’ânon de s’alimenter tranquillement et régulièrement.
S’assurer également que les vaccins sont à jour et que la femelle a été vermifugée avec un vermifuge adapté aux femelles gestantes.
Peu de temps avant la mise bas, il faudra veiller à ce que la femelle soit dans un endroit propre et tranquille, en évitant de laisser un mâle, lui préfèrer la présence d’une autre ânesse qui la rassurera.
Les signes de la mise bas ne sont pas forcément visibles longtemps à l’avance.
Le ventre est « énorme », la mamelle grossit, les trayons laissent échapper un petit écoulement jaunâtre qui sèche (la cire), annonçant une mise bas sous quelques jours.
L’ânesse devient nerveuse, a tendance à s’isoler, et attrape la diarrhée la veille.
L’ânesse préférera mettre bas dans un pré plutôt que dans un box.
Si par nécessité, vous êtes obligé de la laisser au box, prévoyez un bon paillage confortable, et surtout privilégiez le calme et la tranquillité.
L’accouchement se passe d’une façon classique : La poche des eaux sort et se crève . La mère se couche, l’ânon arrive les antérieurs et la tête en premier. Le cordon ombilical se coupe quand la mère se relève pour lécher le petit, puis elle expulse le placenta.
L’ânesse met environ 2 heures pour mettre bas. Le petit cherche aussitôt à se lever (il met environ ½ heure pour se tenir debout).
Bien vérifier que la mère ait expulsé le placenta, que la vulve soit propre sans écoulement ou rejet, et s’assurer que le nouveau né tête bien et que sa mère l’accepte.
S’assurer également de l’expulsion du myconium chez l’ânon .
Si le petit ne tête pas, cela peut provenir du myconium non expulsé (sonder l’anus d’un doigt très huilé, et sortir le bouchon), d’un refus de la mère par ignorance (primipare), ou par douleur mammaire (trop de lait).
Le petit doit être vacciné dans les premières 48 heures pour le protéger de la septicémie et du tétanos.
Le sevrage peut se faire à partir de 6 mois, à savoir que la mère, le moment venu, en prend souvent l’initiative. L’ânon ne doit pas têter au delà de 8 à 10 mois.
Le tarissement est « géré par la nature ». Pour l’aider un peu, habituer la mère et l’ânon à être séparés de temps en temps.
Donner à l’ânon une ration complémentaire qui diminuera son besoin de lait, et vis et versa limiter la ration de la mère pour baisser la production de lait ( nourriture pauvre : paille par exemple, et peu d’eau, mais pas d’eau du tout !).
Prévenir des risques d’induration, voire d’inflammation des mamelles (mammite) en passant 2 à 3 fois par jour une pommade ( pour le pis des vaches) en vérifiant que la mamelle ne s’endure pas. Si la mamelle reste souple et diminue, pas de problème, remettre la mère à un régime normal en 2 ou 3 jours. Si les mamelles deviennent très dures et chaudes, appeler le vétérinaire qui vous prescrira un traitement antibiotique.
Pour dissuader l’ânon de téter, on peut mettre de la pommade sur les trayons avec un répulsif (argile verte mélangée à de l’huile.