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L’âne, comme toutes les espèces animales, subit des infestations par différents vers, dès lors qu’il vit en extérieur, même partiellement. Pourtant ces infestations sont encore trop souvent négligées, du fait principalement qu’elles ne sont pas visibles et ne provoquent pas forcément de troubles évidents ni permanents.
L’âne peut être contaminé par les mêmes vers que le cheval ; or, ceux-ci sont nombreux et variés, tant par la diversité des espèces que par leur localisations, leur mode d’action ou leur cycle évolutif. L’œuf est la forme principale d’infestation, il va ensuite se transformer en larve puis en ver adulte.
Ces deux formes, larves et adultes, peuvent être présentes successivement ou en même temps dans l’organisme, et surtout elles peuvent être toutes deux pathogènes, à des degrés et dans des organes différents.
Ceci est très important car tous les vermifuges ne sont pas actifs sur toutes les phases du cycle parasitaire, ce qui explique certains échecs mais aussi la nécessité de traiter régulièrement même si on pense que l’animal n’a pas eu de source de contamination pendant quelque temps.
La localisation principale des parasites, et la plus connue, est le tube digestif.
Il peut être infesté par de nombreuses espèces, dans ses proportions, depuis l’estomac puis l’intestin grêle, le gros intestin et le coecum. L’action des parasites est variée ; elle peut être irritative, obstructive ou spoliatrice, sourde ou très aiguë. On pourra ainsi observer des troubles tels que coliques spasmodiques, troubles du transit (diarrhée ou constipation), mauvais état général dû au mauvais fonctionnement intestinal, retard de croissance, péritonite par perforation intestinale.
Les autres localisations, moins fréquentes, n’en sont pas moins importantes : elles sont dues soit à des espèces particulières, soit à des migrations de larves durant le cycle évolutif. On notera comme organe régulièrement infesté : les poumons, les artères, les muscles, le péritoine, ou encore le foie ou la peau.
Ces localisations, peuvent donner des signes cliniques variables et souvent difficiles à interpréter, d’où l’importance d’une vermifugation régulière.
Les cycles parasitaires obéissent à un même schéma général.
L’âne se contamine en ingérant un œuf ou une larve, lequel subit dans l’organisme des métamorphoses qui vont l’amener à sa forme définitive. L’adulte pond alors des œufs microscopiques qui contaminent les pâturages et qui, après un passage éventuel chez une autre espèce, vont à nouveau être ingérés par un âne et entamer un nouveau cycle. Ce schéma général explique l’universalité de l’infestation parasitaire, un âne sera contaminé dès qu’il est mis dans un pâturage avec d’autres animaux ou sur une pâture ayant été fréquentée par des animaux, les œufs de parasites pouvant résister à l’extérieur plusieurs années.
Les facteurs influençant la contamination d’une pâture sont d’une part le nombre d’animaux qui l’utilisent, d’autre part la « qualité » de la pâture elle-même, un pré gras et humide étant plus favorable à la survie des parasites qu’une parcelle pelée et desséchée.
Il faut signaler une exception importante à ce schéma : le Gastrophile. Ce parasite est présent sous la forme d’une larve dans l’estomac des ânes. Cette larve provient des œufs orangés que l’on voit sur les membres des ânes et chevaux l’été et l’automne . Ces œufs sont ingérés par léchage, ils se transforment en une multitude de larves d’environ 2 cm qui vont être éliminées dans les crottins ou l’on peut fréquemment les observer à l’automne. Ces larves donneront naissance l’année suivante à des mouches qui déposeront à leur tour des œufs sur les membres.
Le dernier aspect à connaître est l’immunité que peuvent acquérir les ânes contre les parasites. Cette immunité se développe lors des infestations des premières et deuxième années et engendre une certaine résistance au développement des parasites. De ce fait un animal adulte ne subira une infestation importante qu’après plusieurs mois.
A contrario un jeune animal en première ou deuxième année de pâturage voit son infestation se développer beaucoup plus rapidement et pourra être massivement infesté en un ou deux mois
Toutes ces caractéristiques permettent de comprendre l’importance d’une vermifugation régulière et bien menée, car il ne s’agit pas simplement de traiter de la bonne manière au bon moment..
Ainsi il faut rappeler les règles de base : traiter tous les animaux en même temps, et si possible les fermer en écurie 24 heures puis curer le fumier à fond car il se trouve fortement chargé en éléments contaminant.
On obtient une bonne protection en traitant 3 fois par an :
Comme nous l’avons vu, ils sont très sensibles au développement parasitaire les deux premières années, aussi seront-ils traités très régulièrement tous les 2 mois et ce à partir de 8 semaines d’âge.
Contrairement à une habitude très répandue, il est impératif de vermifuger convenablement une poulinière, en particulier 1 mois avant et 1 mois après l’accouchement. L’ânesse peut, en effet, voir son immunité affaiblie par la gestation et se trouver assez fortement infestée au moment de la mise bas. Ceci peut, d’une part, la fatiguer et donc limiter sa production de lait et d’autre part entraîner une contamination rapide du produit. Il faut noter qu’il existe actuellement des vermifuges très efficaces et totalement sûrs, tant pour l’ânesse que pour le fœtus.
Il existe actuellement un grand nombre de produits sur le marché. La différence se fait surtout sur la présence ou l’absence d’efficacité sur les gastrophiles. Il est donc impératif d’utiliser un vermifuge polyvalent (actif sur tous les vers) avant l’hiver, et éventuellement au printemps si l’on a un doute. Un vermifuge plus courant et donc moins onéreux sera suffisant le reste du temps. Il faudra enfin bien vérifier que le produit utilisé est compatible avec une gestation éventuelle.
En conclusion, nous pouvons dire que si la vermifugation est admise et banalisée de nos jours, il ne faut pas oublier pour autant son importance primordiale pour la bonne santé de nos animaux, car elle contribuera toujours à éviter de nombreux problèmes et maladies. C’est enfin un acte simple, mais qui doit toujours être raisonné et adapté à chaque cas, à partir du tableau général que nous avons indiqué.
Depuis de nombreuses années, il était conseillé d’utiliser les vermifuges à tour de rôle. Cependant, l’apparition de cas de résistances aux benzimidazoles et de nouvelles études ont montré l’importance de traiter pendant plusieurs mois avec le même vermifuge. L’utilisation continue sur 10 à 12 mois permet de diminuer la fréquence d’apparition de souches de parasites résistants.
Pour bien vermifuger, il faut évaluer précisément le poids de l’animal, bien adapter la dose de vermifuge à son poids, ce qui est essentiel pour obtenir l’efficacité attendue.
Ensuite, vérifier que la bouche de l’âne soit bien vide (un âne ne peut pas vomir) en l’empêchant de manger quelques minutes avant l’administration de la pâte.